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Kan iemand dit kort samenvatten !!!

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hallo, ik moet een taak van Frans samenvatten in het nederlands maar ik vind het zo moeilijk zou er iemand die goed Frans kan dit kunnen doen aub.


Ils étaient cinq. Manu les voyait arriver vers lui. Ils formaient un demi-cercle sur le trottoir, comme prêts à la chasse. Manu savait qu’ils allaient essayer de lui voler ses affaires et il s’est retourné vers la masse sombre du lycée. Mais le concierge venait de fermer la lourde porte de l’établissement. La répétition s’était terminée tard. Manu avait été le dernier à quitter le bâtiment et, pour la première fois, il souhaitait la présence sévère de l’énorme gardien qui assurait la discipline quand les élèves couraient en criant vers le boulevard. La simple absence du concierge rendait l’endroit horriblement désert. Manu a pensé à faire rapidement demi-tour mais ses jambes tremblaient trop. Il s’est forcé à avancer d’un air calme. Il a même essayé de siffler, mais la mélodie qui sortait de ses lèvres sèches ne ressemblait à rien.                    
Les cinq types ont ralenti. Ils occupaient maintenant toute la largeur du trottoir. Dans sa tête, Manu faisait le compte des richesses qu’il avait sur lui : une vingtaine d’euros, sa montre, sa veste en jean et des trucs de l’école dans son cartable. La montre ne valait rien, mais il avait travaillé toutes les dernières vacances pour se payer la veste. Il se souvenait des quinze jours passés à peindre le nouvel appartement de sa sœur et à se faire couvrir de peinture blanche en travaillant contre les plafonds. Il se demandait s’il pourrait contenter le groupe en ne donnant que sa montre et son cartable.
De près, ils n’avaient pas l’air si méchant que ça. Juste des garçons de son âge, 15 ou 16 ans. Ils semblaient même un peu maigres dans leurs survêts trop grands pour eux. Manu s’est souvenu des conseils de son père en cas d’attaque : « Ne montre jamais ta peur. Les chiens mordent celui qui a peur, mais le courage fait reculer. » les deux types qui fermaient le côté gauche du boulevard lui semblaient moins dangereux que les autres. Il a donc marché sur eux.
- Tu vas où comme ça ?
Manu a senti sa bouche devenir sèche. Le cercle s’était soudain refermé sur lui. Il se trouvait au centre.
° Chez moi.
- Vide tes poches d’abord.
Vingt euros, un paquet de chewing-gum et un canif. Ca ne pouvait pas enthousiasmer cinq jeunes à la recherche de richesses. Manu a détaché sa montre et l’a donnée à celui qui commandait.
- Fais voir tes pompes.
Nov 15, 2016 geplaatst in Frans door Tim Colignon
Tja, op die manier leer je natuurlijk nooit goed Frans!
Ja maar zou je dit kunnen doen aub
Teveel tekst, daar heb ik echt geen tijd voor. Volgende keer kun je het beter in delen voorleggen dan alles in een keer.
Weet je wel dat jouw tekst 4246 woorden bevat!! Jouw opdracht zou minimaal een rekening opleveren van € 350 + BTW (21%). Waanzin om zoiets op een taalhulp site te vragen !!!! Samen met je studievrienden heb je het in 3-5 uren voor elkaar. Aan de slag
Top reactie, spanishjohan!

2 Antwoorden

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deel 2
Manu s’est dirigé vers l’entrée du métro Pigalle. Manu a obéi, mais il souriait intérieurement. Le matin, il avait essayé de sortir avec ses Nikes neuves. Coup de chance, sa mère l’avait rattrapé dans le hall en montrant ses vieilles chaussures qui « dureraient bien encore une semaine ou deux ». Il avait dû les mettre.
- Pouraves.... a constaté le chef. Y a quoi dans ton sac ?
Manu a haussé les épaules. La peur l’avait quitté tout à coup. Il se sentait même bien.
- Trois livres, un classeur et quelques stylos, a- t -il répondu en donnant le vieux sac à dos qu’il employait comme cartable.
Le groupe occupait tout le trottoir. Les quelques rares passants évitaient ce côté de la rue. Manu cherchait leurs regards mais ils étaient tous occupés à examiner le trottoir pour ne pas marcher dans les crottes de chien.
Le chef n’a pas pris la peine d’un contrôle attentif. Il a jeté le sac par terre et a fait demi-tour sans attendre le reste du groupe. Mais un gamin, le plus jeune de cinq, a repris le cartable avant que Manu puisse le faire. Manu a dit :
° Hé, rien que des trucs d’école...
Le gamin a serré le sac contre lui. Manu pensait à le lui reprendre, mais les quatre autres s’étaient arrêtés pour attendre leur copain.
- Dépêche-toi, Djamel, a crié le chef. Faut qu’on rentre à la Plaine.
Le gamin a regardé Manu comme pour s’excuser.
- C’est pour la reum, a- t -il expliqué. Ca va lui faire plaisir que je rentre avec un cartable sur le dos. Il a couru pour rattraper les autres et Manu les a vus couper par le square d’Anvers en direction de Rochechouart.
Manu était presque arrivé à la maison quand il s’est souvenu que le médaillon était dans une des poches de son sac. Le souffle coup, le garçon a tout de suite compris la dimension de cette catastrophe. Et il lui a fallu seulement quelques secondes pour prendre la décision d’aller retrouver son médaillon.
Il a sauté dans une cabine téléphonique et a sorti sa carte de téléphone d’une de ses chaussettes. Avec sa carte de métro et son blouson, c’était bien la seule chose de valeur qui lui restait encore. Sa mère n’a pas fait trop de difficultés pour croire l’histoire d’une composition à préparer avec un copain pour le lendemain. Il rentrerait peut-être assez tard.....

« Djamel, La Plaine... ». C’était les deux seuls mots-clés dont Manu disposait. Un prénom africain et le nom d’une banlieue parisienne certainement pleine d’enfants qui portaient ce même prénom. Pourtant, Manu ne doutait pas de pouvoir reprendre son médaillon. Il ne pouvait pas supporter l’idée de le perdre et il avait su tout de suite qu’il fallait qu’il se retrouve avant que la piste soit froide.
Le trajet Pigalle-Place de Clichy était dans ses habitudes. Il était encore dans son quartier et, malgré l’heure tardive, les autres passagers ressemblaient à ceux qu’il rencontrait tous les jours. Place de Clichy, il a changé pour prendre la direction de Saint-Denis-Basilique. perdu dans ses pensées, il a mis du temps à remarquer qu’il était le seul Blanc de la voiture. Le seul Blanc et aussi le seul enfant, bien que depuis plus d’un an il ne se désigne plus ainsi. A chaque station, la rame se remplissait de gens de couleur, habillés à l’africaine, chargés de sacs en plastique, qui regardaient devant eux comme épuisés par la journée de travail. Seules quelques femmes, des mères sans doute, semblaient remarquer la présence étrange de ce gamin blanc dans ce monde de visages noirs que la fatigue et la lumière rendaient gris. Manu les regardait en se demandant si l’une d’entre elles était attendue par un petit Djamel tout fier d’être rentré à la maison avec un cartable « trouvé ». Il a pensé à sa propre mère. Il lui avait menti pour la rassurer. Il aurait voulu faire demi-tour mais il savait qu’il devait retrouver son médaillon.
Oui, il n’aurait jamais dû enlever le médaillon de la petite armoire où il rangeait les objets qu’il ne sortait que la nuit. il y avait là quelques revues qu’il regardait quand il était seul et qui faisait rougir, la lettre où son père assurait pour la dernière fois qu’il allait revenir, et le médaillon. Mais il avait tout de même emporté l’objet à l’école, pour le sentir près de lui.
La rame s’est arrêtée au terminus de Saint-Denis-Basilique et une véritable mer noire a porté Manu jusqu’à la nuit. la température extérieure n’avait pas changé, mais c’était bien là le seul point identique au monde qu’il venait de quitter. Tout le reste était différent. Il s’est arrêté en haut des marches, pris d’une peur énorme devant les lieux inconnus qui s’offraient à lui. Les gens continuaient à sortir de la bouche de métro et partait vite dans le noir.
- T’as besoin d’un mage, petit? Manu s’est retourné et a vu un grand Noir habillé d’un burnous qui lui tombait jusqu’aux pieds                    .
- Un mage comme Ali N’Gustro voit dans l’avenir et le passé, a- t-il ajouté.  Le type a donné à Manu une carte couverte de petits mots écrits en arabe et en français. Il souriait gentiment et Manu a pris la carte.
° Merci. Il s’est retourné pour partir.
- Attends un peu, petit. Tu m’as l’air besoin d’aide d’un grand mage. Manu avait certainement besoin d’aide et il n’a même pas réfléchi quand il a accepté celle du grand Noir.
° Je veux bien essayer, monsieur N’Gustro. Mais on m’a aussi volé mon argent. Le rire du grand Noir avait autant de dents qu’un piano a de touches. Il s’est penché sur Manu et a posé une main énorme sur sa tête.
- Je ne suis pas N’Gustro, petit. Je m’occupe de sa publicité et il m’apprend à dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre. Je suis sûr qu’il sera heureux de te rencontrer.
° Et pour l’argent?
- N’Gustro ne prend jamais l’argent des gosses, petit. Il en a une bonne vingtaine lui-même et, tu peux me croire, c’est eux qui lui prennent tout son argent. Viens avec moi. Manu a pensé aux dangers qu’il y avait à suivre les étrangers qui vous approchent dans la rue, mais son aventure l’obligeait à n’avoir peur d’aucun danger.

Les jambes du grand Noir prenaient leur route dans la nuit et Manu avait toutes les peines du monde à les suivre. Il cherchait à se souvenir du chemin, mais le grand Noir allait trop vite pour que Manu puisse se rappeler des noms de rues. Le garçon collait au burnous clair qui dansait devant lui.
La mère de Manu n’était pas bien riche. Son père avait disparu un jour et celà n’avait pas arrangé les choses. Ils vivaient tous les deux dans un petit appartement et calculaient sans cesse ce qu’ils pourraient dépenser. Malgré cela, quand il voyait maintenant ce morceau de ville inconnu pour lui, Manu a compris qu’il ne connaissait la pauvreté que par images dans le journal ou la télé. L’air lui-même semblait plus pauvre, fait de molécules et d’atomes mal réparés, comme les vêtements sales et déchirés des gosses qu’il apercevait dans les entrées des immeubles. Manu enregistrait dans sa tête le spectacle de la misère tout en cherchant à ne pas le voir. pour la première fois de sa vie, il avait l’impression que son regard découvrait un monde qui n’était pas fait pour être vu. Un monde où les blousons en jean étaient un signe de richesse et où ses vielles chaussures avaient de la valeur.
- C’est ici, a dit le grand Noir.          
L’immeuble ne se distinguait pas des autres. la porte d’entrée avait sans doute fini comme bois de chauffage et les boîtes aux lettres contre les murs du couloir ne fermaient plus depuis longtemps.
- Personne n’a de secret ici, a dit le grand Noir en remarquant le regard de Manu. De toute façon, les lettres qui arrivent ici sont les mêmes pour tout le monde: des rappels de factures à payer….
L’escalier était plein d’odeurs mêlées, et Manu a cru devoir vomir.
Nov 15, 2016 beantwoord door Tim Colignon
deel 3

Le petit appartement du mage N’Gustro sentait les saletés et les épices. Le mage occupait le centre d’une pièce dont les murs disparaissaient derrière les rideaux, des masques africains et des planches couvertes de pots et de petites bouteilles. Il était assis par terre, jambes croisées, et Manu se demandait comment un homme aussi gros pouvait rester dans une position si inconfortable. Le grand Noir a dit quelques mots à l’oreille du mage et ensuite sorti avec des remerciements qui ont rempli Manu d’espoir.
- Qu’est-ce que tu fais dans les rues à une heure pareille? a demandé le mage. Tahar m’a dit qu’il t’avait vu sortir du métro comme une poule qui a perdu son oeuf.
Le mage avait un fort accent de Marseille. Il a écouté l’histoire du petit Blanc avec grand attention et, à la grande fierté de Manu, avait l’air sérieusement impressionné. Il a pris un tel temps avant de répondre que Manu croyait qu’il avait quitté son corps pour aller visiter des clients plus sérieux.
- Résumons -nous, a -t-il dit d’une voix très douce. Un petit Djamel t’a volé un médaillon sur l’avenue Trudaine et tu es venu voir N’Gustro pour qu’il t’aide à le retrouver. C’est bien ça?
° Pas tout à fait. Je ne suis pas venu vous voir tout seul. C’est le grand…..
- Exact. Tu allais t’attaquer au quartier quand Tahar t’a ramassé. Tu peux lui dire merci, à Tahar. Parle -moi un peu de ce médaillon. C’est une fille qui te l’a donné?
Manu se sentait rougir.
° Je ne peux pas en parler…. C’est un secret.
- Bien sûr que c’est un secret. Où avais-je la tête?
N’Gustro a regardé Manu en penchant la tête sur le côté. Comme un chien qui cherche à comprendre ce que les hommes ont dans la tête.
° Vous pouvez m’aider? a demandé d’une petite voix.
- A retrouver un petit Djamel dans une banlieue qui en cache des milliers? Tu ne doutes de rien, p’tit Blanc. N’Gustro a pris un annuaire des téléphones. Tu es aussi fort et aussi courageux qu’un jeune guerrier qui chasse le lion et je vais t’aider parce que les mages sont faits pour ça. Donne -moi un peu de temps. C’est pas si souvent qu’un mage a l’occasion d’aider un jeune guerrier et j’ai un peu perdu l’habitude.
N’Gustro avait passé quelques coups de téléphone avant de faire rentrer Tahar pour lui donner ses ordres. Il l’avait fait dans une lange bizarre, et, bien que manu n’ait rien compris de ce que disaient le mage et son assistant, il avait confiance.
Tahar et Manu sont sortis. Après avoir fait monter le garçon à côté de lui dans une petite camionnette remplie de vieux chiffres, le grand Noir a conduit le véhicule jusque devant un restaurant où ils sont entrés. Dans la langue de N’Gustro, Tahar s’est adressé à des gens qui lui donnaient ensuite des informations. Une grosse dame qui faisait la cuisine a servi du thé en le faisant couler de toute hauteur de son bras dans un petit verre. Elle a mis quelques sucres dans la boisson et a serré Manu contre sa poitrine.
- Si j’étais ta mère, je te rougirais le derrière avec ces mains -là, a-t-elle dit en montrant ses énormes mains roses et usées. Pense à elle, remercie dieu d’avoir trouvé Tahar et ne le quitte pas un centimètre.                 


XXXXXXXXXXXXXX
La rue où ils étaient maintenant ressemblait à un de ces morceaux de guerre qui passent aux nouvelles de la télé. Les rares passants la traversaient d’un pas rapide et jetaient des regards inquiets à la camionnette qui les croisait. Tahar conduisait lentement. Il semblait chercher quelqu’un. Il avait les lèvres serrées, et son grand rire en clavier de piano commençait à manquer à Manu.
° Qu’est-ce qu’on cherche? a demandé le garçon d’une voix peu assurée.
- Un sale travesti qui ferait bien de se montrer s’il ne veut pas que N’Gustro s’occupe sérieusement de lui.
Les yeux de Tahar avaient pris une expression féroce et Manu n’a pas osé demander plus sur le sujet. Il pensait à son médaillon, à sa mère qui allait se coucher, à son père qui leur avait menti si longtemps avant de disparaître sans le courage d’un seul mot. Il pensait aussi à la mort et se demandait si ça faisait vraiment mal. Puis il a tout de même demandé à Tahar:
° T’as peur?  
Tahar l’a regardé un petit bout de temps avant de répondre.
- Autant que toi. Tous les chasseurs ont peur quand ils sont loin de leur territoire.
° Et tu es loin du tien?
- Moins que toi, mais assez loin quand même pour que ça soit dangereux pour moi. Tiens, voilà notre homme.
Tahar a garé la camionnette le long d’un bâtiment dont on avait muré les fenêtres. Une petite pluie s’était mise à tomber. Tahar a laissé tourner le moteur et a fait trois appels de phares avant de couper les lumières.
° Je ne vois personne.
deel 4
- Lui nous a vus.
Une silhouette de femme s’est détachée du mur. Elle s’est approchée prudemment de la camionnette et Manu a eu un mouvement de peur en remarquant les épaules carrées et la tête masculine de la créature noire qui se penchait vers lui.
- C’est lui qui cause tout ça? a-t-elle demandé à Tahar en regardant Manu. Qu’est-ce qui lui prend N’Gustro de mobiliser tout le quartier pour un from?
- Te gêne pas pour aller lui demander, ma poule. Il aime bien qu’on lui pose des questions. Surtout quand on oublie de mettre un monsieur devant N’Gustro.
° C’est quoi un from? a demandé Manu qui ne pouvait détacher son regard de la mini-jupe de la créature.
Le travesti s’est mis à rire:
- Un from, c’est un fromage, un céfran, un Blanc si tu préfères. Tu veux voir ce que je cache sous ma jupe, p’tit from?
- Monsieur N’Gustro t’a demandé un service, a dit Tahar d’une voix très douce. Si j’étais toi, je ne penserais qu’à ça.
La créature a reculé et Manu a baissé les yeux pour ne pas voir la peur qui brillait maintenant dans les yeux du travesti. Il s’est demandé qui étaient vraiment Tahar et N’Gustro et si quelqu’un allait mourir pour qu’il retrouve son médaillon.
- Ils sont dans une cité du canal Saint-Denis, a dit le travesti. Au bout de la rue de La Haie Coq. Le chef s’appelle Mouloud. T’as ma drepou?
Tahar lui a glissé un petit paquet blanc dans la main. Manu ne savait pas où regarder.
- Tu ferais mieux de faire attention, Tahar, a dit la créature avec un rire sec. C’est pas ta zone et tu n’y as pas que des potes.
° C’était de la drogue? a demandé Manu quand la camionnette était repartie.
Tahar n’a pas répondu. La drogue faisait partie des sujets de conversations du lycée. Comme le sexe et le SIDA. Des choses dont on parlait sans vraiment savoir. Comme on parle de la mort à quinze ans. Manu ne pouvait chasser de sa tête l’image de la créature qui prenait le petit paquet blanc. Elle avait dû tendre son bras pour l’attraper et Manu revoyait la peau démolie par les piqûres, les doigts maigres qui se refermaient sur sa poudre. Il a ouvert la vitre pour vomir.
- Ca va mieux? a demandé Tahar gentiment.
Manu a fait signe que oui. Il a laissé la pluie lui laver le visage.
- C’est comme ça. Ils sont des milliers comme lui. Noirs, pauvres et pas dans le bon corps. La poudre les aide à vivre.
Manu a refermé la vitre. Les dents de Tahar brillaient dans la nuit. C’était un sourire sauvage mais Manu s’y accrochait comme à un morceau de bois en plein océan.
Tahar a arrêté la camionnette à une centaine de mètres de l’entrée de la cité. La nuit était parfaitement silencieuse. La peur s’attaquait maintenant au ventre de Manu. Il aurait donné tout son argent de poche du mois pour quelques instants dans des toilettes propres.
- C’est lui, a dit Tahar. Tu demandes Mouloud et tu lui racontes ton histoire de médaillon. Je suis sûr qu’il te conduira chez la mère de Djamel.
Manu en était moins sûr, et il avait entendu l’avertissement du travesti: “C’est pas ta zone et tu n’y as pas que des potes.” Tahar l’avait emmené là où il n’aurait pas eu la plus petite chance d’arriver tout seul et il ne se sentait pas le droit d’attendre plus de son nouvel ami. Il est sorti de la camionnette en se demandant si ses jambes iraient jusqu’au bout. Il a dû s’accrocher à la portière pour ne pas tomber.
° Tu es sûr que…
- Il faut bien que le chasseur rencontre le lion qu’il veut tuer….Je t’attends là, Manu. Va chercher ce qui t’appartient.
Manu s’est enfoncé dans l’ombre.
Vue de près, la cité n’était qu’une grande cour pauvre, entourée de quatre gros bâtiments tristes. Manu comprenait soudain son bonheur d’habiter dans un endroit que la joie et la beauté n’avaient pas tout à fait abandonné. Il a pensé aux immeubles de son quartier, à leurs murs plus ou moins propres, aux lumières qui brillaient toute la nuit et aux odeurs de pain chaud qui l’accompagnaient tout au long du trajet vers le lycée. Le fait d’y penser lui donnait de la force maintenant. Ses jambes fonctionnaient parfaitement et il s’est dirigé vers un groupe de silhouettes, collées contre un mur, qui bavardaient autour du corps d’un vieux vélomoteur.
Mouloud et lui se sont reconnus au premier coup d’oeil. Sans sa capuche sur les yeux, il avait l’air beaucoup plus jeune. Les mains enfoncées dans les poches de son survêt, il a regardé Manu avancer dans le noir.
- T’as quand même pas fait tout ce chemin pour vingt euros et une vieille montre?
° Même pas pour le sac, a souri Manu. J’ai juste laissé un truc dans une des poches. C’est ça que je suis venu chercher.
- Quel genre de truc?
° Un médaillon.
Mouloud s’est détaché du mur et a jeté un coup d’oeil dans l’ombre de la cour.
- T’es venu tout seul? T’as fait comment pour nous retrouver?
° Un type m’a aidé. Il m’attend dans la rue.
- Misère, c’est bien la première fois qu’un from nous suit jusqu’ici. Il vaut cher ton médaillon?
° Il vaut rien. C’est juste que j’y tiens.
Mouloud a souri. Il a sorti la main droite de sa poche et l’a ouverte sous le nez de Manu.
- J’ai le même que toi. Personne sait comment je l’ai eu et personne pourra me le prendre sans que j’aille en prison. Pareil pour toi, hein?
Manu a regardé la vieille pièce d’argent qui brillait dans la main de Mouloud.
° C’est pas le même truc mais c’est pareil quand même, a -t-il répondu en souriant.
Mouloud s’est retourné vers ses potes.
- Qu’est-ce que je vous disais? Tu peux voler un from jusqu’à l’os mais si tu lui tires le seul truc qui le chauffe vraiment, il te lâche plus.
laatste deel
Il a remis la pièce dans sa poche avant de faire la leçon à Manu.
- Pourquoi t’as rien dit? On n’est quand même pas des voleurs.
° J’avais oublié qu’il était là. Je m’en suis seulement aperçu devant chez moi.
- C’est Djamel que ça regarde, maintenant. Il a le sac. Suis -moi.
Manu a suivi Mouloud à travers la cour de la cité. Des hommes fumaient devant les entrées et regardaient tomber la pluie. Mouloud est entré dans un couloir couvert de graffitis. La peinture se détachait des murs. Les odeurs étaient insupportables. Mouloud s’est arrêté devant une porte.
- C’est ici. Vas -y tout seul. La reum de Djamel ne m’aime pas trop.
Manu a appuyé plusieurs fois sur le bouton de la sonnette avant de se décider à frapper. Une femme lui a ouvert. Elle était belle dans sa robe colorée et Manu n’a rien trouvé à lui dire.
- C’est pourquoi? a -t -elle dit avec un sourire.
° Je suis un copain de Djamel….
La femme l’a fait entrer et Manu a vu son sac. Il était posé en plein milieu de l’unique table de la pièce, devant Djamel qui regardait Manu, les yeux agrandis par la peur.
° Salut, Djamel, j’ai oublié quelque chose dans ton sac…
Manu a traversé rapidement la pièce, a mis la main dans une des poches extérieures et s’est retourné en souriant.
- Ne vous dérangez surtout pas.

Il est descendu par l’escalier en courant et n’a ouvert la main que quand la pluie lui a confirmé qu’il était bien sorti. Le médaillon brillait sous l’eau de la pluie.
- Le type qui t’attend, c’est bien un black dans un camion tout pourave?
Manu a fait oui de la tête. Mouloud se tenait devant lui. Il était gris et tremblait.
- Il est mort. Quelqu’un lui a ouvert la gorge….
Manu, sans bien comprendre, s’est approché de la camionnette. Tahar ne bougeait plus et souriait de toutes ses dents. Son burnous blanc était rouge sur tout le devant. Ses grandes mains noires tenaient encore le volant de la camionnette et, en fermant les yeux, Manu pouvait encore entendre son rire jouer du piano dans la nuit.
- Reste pas là. Je vais te conduire au métro.
Ils ont marché jusqu’au métro sans se dire un mot. Mouloud avait oublié de remettre sa capuche. Manu ne faisait plus attention à rien. Il serrait son médaillon de toutes ses forces. Ils sont arrivés un quart d’heure avant la dernière rame. Manu s’est aperçu qu’il pleurait quand Mouloud le lui a fait remarquer.
- Ca sert à rien de pleurer. C’est comme ça. On vole, on vend la drogue, on tue et on finit par se faire tuer pour le médaillon d’un autre.
Dans le métro, Manu a rangé son médaillon dans une poche, profondément. Il pensait à Tahar, à N’Gustro, à Djamel, à la créature et à Mouloud. Il pensait surtout à sa mère . Elle ne découvrirait jamais ce qu’il avait vécu.
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